LA VÉRITÉ SUR L’AFFAIRE MARION MARÉCHAL PAR DIANE OUVRY / 4

CHAPITRE 4 LA DISSOLUTION ET LE DÉNOUEMENT

Nous arrivons au moment où la fracture est apparue au grand jour, où beaucoup d’entre vous ont commencé à comprendre ce qui se tramait.

Nous sommes le 9 juin 2024 et les résultats viennent de tomber. Reconquête passe la barre des 5% et aura des députés européens. Éric Zemmour doit faire son discours au QG de Reconquête pour remercier les cadres et les militants de s’être aussi bien battus pour obtenir ce résultat. Il est auprès d’eux. Il attend. Marion Maréchal doit venir. Il aimerait qu’elle parle avant lui. Mais elle ne vient pas. L’heure tourne. Les chaînes ne comprennent pas cette absence. Les militants sont déboussolés de constater que la tête de liste pour laquelle ils ont œuvré jour et nuit n’est pas là. Il est 22 heures.

Aucun des quatre nouveaux élus de Reconquête ne répond au téléphone. Ni Marion, ni Guillaume Peltier, ni Nicolas Bay, ni Laurence Trochu. Éric Zemmour et Olivier Ubéda tentent de les joindre, en vain.

Pendant ce temps-là, nous découvrons que Marion Maréchal est avec eux, au coin de la rue Jean Goujon, en face du QG. Elle trépigne. Ils tentent de joindre Marine Le Pen. Emmanuel Macron vient d’annoncer la dissolution de l’Assemblée nationale et Marion Maréchal y a vu l’ouverture dont elle rêvait depuis si longtemps : qui dit dissolution dit circonscriptions, dit potentiel gouvernement et portefeuilles ministériels ! Il y aura bientôt des postes à prendre ! Il faut impérativement sauter dans le wagon du RN !

Ceux qui les croisent sont formels : elle prépare un mauvais coup dès ce soir.

Au même moment, Sarah Knafo est sur France 2 pour représenter Reconquête. La première, elle appelle à une grande coalition des droites. Mais une vraie coalition ! C’est-à-dire un accord entre partis, avec respect des convictions de chacun. Éric Zemmour le demandera officiellement dans son discours. Marion ne l’entend pas de cette oreille. Elle arrive au QG. Elle ne dit bonjour à personne, entre en force avec son équipe et prononce un discours d’à peine trois minutes et d’une rare froideur, sans prendre une seconde pour remercier le moindre militant. Le public ne retiendra qu’une seule chose : elle annonce en direct et sans aucune concertation qu’elle ira négocier elle-même avec le RN. Comme si elle était chef du parti ! Éric Zemmour le découvre en direct. Il ne peut cacher sa surprise. A peine le discours terminé, elle quitte les lieux en coup de vent. Les militants sont sonnés. Les téléspectateurs ont compris.

Une partie de nous-mêmes se dit encore ce soir- là : la méthode est indigne, mais nous partageons l’objectif. Nous aussi, nous souhaitons la coalition des droites. Éric Zemmour en parle depuis si longtemps ! Dès les années 1990 et son Livre noir de la droite, il appelait déjà à l’union des droites… Alors, laissons sa chance à Marion pour l’obtenir ?

Le lendemain, et toujours sans un mot, elle part négocier au siège du Rassemblement national dans le XVIème arrondissement de Paris. C’est la presse qui nous l’apprend. Avec son proche Thibaut Monnier, ils réclament auprès du RN 60 circonscriptions et la possibilité de recaser tous leurs affidés. Le RN n’en revient pas de tant de toupet. Mais ils l’écoutent. Ils peuvent peut-être obtenir quelque chose d’elle… Et si Marion pouvait être l’outil de l’ultime revanche de Marine contre Éric Zemmour ? Et si Marion pouvait permettre d’affaiblir définitivement Zemmour et ses soutiens pour qu’ils ne soient plus jamais un danger pour Marine Le Pen ? L’occasion est trop belle…

Marine Le Pen la saisit. Elle donne à Marion une condition : d’accord pour discuter d’une alliance, mais dans ce cas Marion doit dire publiquement que « cette alliance se fera sans Zemmour ». Ni une, ni deux, sans hésiter, Marion Maréchal accepte. Elle ne tente même pas de négocier cette condition indigne, qui a pour conséquence directe de sacrifier le Président de son parti, dans le mépris de tout principe de loyauté, et de l’évincer d’un accord, lui qui a appelé l’union des droites de ses vœux depuis des années. Elle sort du QG du RN, et dans une conférence de presse d’une rare férocité, elle s’exprime : « le RN a des conditions, cet accord devra se faire sans ceux qui les ont critiqués, contrairement à elle qui a toujours été « constructive », donc la balle est dans le camp d’Éric Zemmour pour savoir s’il accepte cette condition du RN, ou s’il préfère faire obstacle à l’union des droites ».

 

Toute la soirée, Éric Zemmour tente de la joindre pour lui demander de préciser ces conditions. Il est prêt à se sacrifier pour ses convictions, vous le connaissez. Mais elle ne répond pas et remet au lendemain toute discussion.

Le lendemain matin, elle court sur le plateau de Pascal Praud. Les interviewers ne sont pas dupes. Le 10 juin 2024 Gauthier Le Bret comprend : « Madame Maréchal, vous êtes en train d’évincer Zemmour de son propre parti ? C’est un putsch ? ». Pascal Praud surenchérit : « Marion Maréchal, vous êtes en train de faire une OPA sur le parti d’Éric Zemmour ? ». Marion Maréchal ne prend plus la peine de nier. Elle répond : « ce n’est pas une affaire de personne, ce qui compte, c’est l’union ». Comprendre que dans sa bouche, l’union doit surtout répondre à l’ambition : l’ambition de récupérer Reconquête, l’ambition de participer à un gouvernement, l’ambition de grapiller quelques circonscriptions pour ses proches. Car pourquoi sacrifier le Président de son parti avec autant de froideur autrement ? Pourquoi ne pas montrer que la condition du RN la blesse mais que si c’est le prix à payer pour la France ?… Non, le calcul froid se lit sur son visage, ce matin- là sur CNews. Et quel est ce calcul ? Elle rêve de bientôt tenir le message suivant : « j’ai obtenu les premiers députés européens de Reconquête, j’ai obtenu la première alliance de l’histoire de Reconquête, je vais obtenir les premiers députés français de Reconquête… Éric, qu’attends-tu pour me laisser ta place à la tête du parti ? ».

Et voilà comment à cette heure-là, Marion Maréchal a rêvé de s’accaparer le parti créé par Éric Zemmour, lui qui a mis tout son cœur à fonder ce mouvement, dont les soutiens ont passé leurs jours et leurs nuits à bâtir cette maison. Oui, elle s’apprête à ce moment à poignarder dans le dos le seul homme de ce milieu à ne pas être un politicien comme les autres, celui qui a tout abandonné pour défendre ses convictions, qui a brûlé ses vaisseaux pour défendre les Français, qui a sacrifié sa situation financière et sa position sociale à la France. Un homme qui a eu le seul tort de lui faire confiance, qui ne lui a jamais fait aucun mal, qui lui a permis son retour en politique, qui lui a permis d’être aujourd’hui députée européenne.

Oui, à ce moment, à 9h30 sur le plateau de Pascal Praud, voilà les froids calculs qui s’ordonnent probablement dans la tête de Marion Maréchal. Elle pense qu’elle va bientôt réussir. Son plan est rôdé. L’alliance avec le RN qu’elle pense être la seule à pouvoir faire est son seul atout, mais il est de taille !

Sauf que le destin est cruel… à 14h, Jordan Bardella l’appelle. Il lui annonce qu’il n’y aura pas finalement d’accord. « Les conditions politiques ne sont plus réunies, c’est tout ». Ils se sont joués d’elle. Ils l’ont utilisée et elle a collaboré à fond. On peut lire dans la presse cette sentence cruelle d’un proche de Marine Le Pen : « Marine a poussé sa nièce à trahir Zemmour devant la France entière, et puis elle l’a lâchée ». Marion Maréchal perd pied. Son plan tombe à l’eau. Enragée, elle publie immédiatement un communiqué de presse vindicatif contre le RN : elle les attaque, elle dit qu’ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes si l’extrême gauche passe car ils ont refusé cet accord. Elle débarque au siège de Reconquête à 16h30, et je vous assure que je ne la pensais pas capable de se mettre dans un tel état. Elle hurlait : « Pu**** ! Pu**** ! ». Elle se cognait littéralement la tête contre les murs. Tout le QG était glacé, et gêné de voir une femme perdre sa contenance à ce point. Guillaume Peltier, Nicolas Bay, Gilbert Payet, Stanislas Rigault et Sarah Knafo sont également dans la salle de réunion. Très calme, Éric Zemmour lui propose de s’asseoir. Elle hurle qu’elle ne veut pas s’asseoir ici. Il lui demande de lui expliquer ce qu’il s’est passé. Réponse : « j’en ai plus rien à f**** ! Vire-moi, vire-moi maintenant qu’est-ce que t’attends ? ». « Es-tu sûre de ton choix Marion ? ». Réponse : « j’en ai plus rien à f****, je n’ai plus rien à f**** ici, démerdez-vous pour les législatives ! Démerdez-vous ! ». Derniers hurlements et claquement de porte. Elle fuit, blême, 38 devant les caméras qui attendaient à l’entrée du QG, et ne parvient même pas à cacher sa colère alors que tous les projecteurs sont sur elle.

Les chaînes d’information la filment dans cet état et parlent d’un véritable « camouflet » pour Marion Maréchal. L’Opinion (11 juin 2024) écrit : « Marion Marechal, la nièce de Marine Le Pen a essuyé une violente gifle aujourd’hui ». « L’entourage de Marine Le Pen ironise dans le même journal et appelle « Marion à se débrouiller avec ses contradictions. » Le RN vient de lui claquer violemment la porte au nez. Elle sent bien qu’elle est lâchée de tous côtés. C’est la chute. Dans la soirée, Philippe Olivier, le fameux conseiller et beau-frère de Marine Le Pen dont je vous parlais au début, se fend d’un tweet : « l’explosion de Reconquête démontre l’habileté stratégique de Marine Le Pen ». Tout est dit. Et tout est tellement clair que Philippe Olivier supprimera son tweet dix minutes après l’avoir posté.

Le soir-même, Éric Zemmour est invité dans l’émission de Christine Kelly. Malgré tout ce qu’il vient de se passer – et que vous venez de découvrir ! –, il exprime son souhait de voir l’union des droites se réaliser. Marion n’y est pas parvenue ? Soit, Zemmour dit qu’il espère encore. Que si c’est sa candidature qui pose problème, il est prêt à y renoncer. Il ne veut surtout pas faire obstacle à l’union qu’il a voulue toute sa vie. L’émission réunit près d’un million et demi de Français. L’élégance est totale. Elle tranche radicalement avec la hargne que Marion Maréchal parvient de moins en moins à dissimuler.

Chez Reconquête, Éric Zemmour nous donne une consigne claire : nous devons nous préparer à retirer nos candidats pour les législatives s’il y avait un accord. Tous les candidats sont prévenus et se tiennent prêts à retirer leurs candidatures.

Marion vient de couper tous les ponts avec Reconquête. Le RN ne veut pas d’elle non plus. C’est le « no-man’s land ». Que faire ? Elle n’a plus le choix : il lui faut créer sa chapelle. C’était le plan B, depuis le départ. Mais avant, il y a une nécessité : il faut tuer Reconquête si elle veut que son micro- parti puisse se lancer. Alors, elle reprend des forces, et le lendemain après-midi, elle convoque une conférence de presse devant l’Assemblée nationale. Là, elle reniera le droit de Reconquête de présenter des candidats aux législatives. Elle sait, elle, et Guillaume Peltier qui se vante d’avoir rédigé avec elle le texte de ce discours, qu’un parti qui ne présente pas de candidat aux législatives n’est plus un vrai parti. Cela signifie qu’il n’a pas les cadres pour cela, qu’il ne souhaite plus porter ses idées, qu’il sacrifie son temps de parole, son financement, sa place dans le débat public. Oui, ils le savent. Et c’est le but ! Leur boutique ne peut se construire que sur les cendres de Reconquête. Alors ils se décident à porter l’ultime coup de couteau dans le dos d’Éric Zemmour, face caméra. Encore une fois. La fois de trop. Celle qui les poursuivra longtemps. Et leur visage sur cette vidéo, qui ne disparaîtra pas, en dit tellement long sur les personnes qu’ils sont…

Ce sera la dernière image qu’ils laisseront d’eux dans cette folle période : l’image de traîtres. L’image de politiciens tellement banals, aussi sournois que tous les autres, aussi carriéristes que leurs semblables de droite comme de gauche. L’image de ceux qui étaient allés à la soupe quand Zemmour était à la présente pas de candidat aux législatives n’est plus un vrai parti. Cela signifie qu’il n’a pas les cadres pour cela, qu’il ne souhaite plus porter ses idées, qu’il sacrifie son temps de parole, son financement, sa place dans le débat public. Oui, ils le savent. Et c’est le but ! Leur boutique ne peut se construire que sur les cendres de Reconquête. Alors ils se décident à porter l’ultime coup de couteau dans le dos d’Éric Zemmour, face caméra. Encore une fois. La fois de trop. Celle qui les poursuivra longtemps. Et leur visage sur cette vidéo, qui ne disparaîtra pas, en dit tellement long sur les personnes qu’ils sont… Le 12 juin 2024 mode, et qui s’en vont au RN quand Bardella est à la mode. Bref, les politiciens. Les politiciens tels qu’ils dégoûtent le peuple. Mais attention mesdames et messieurs, tout cela au nom de l’union des droites ! Ah oui, car n’allez pas croire qu’ils abandonnent Éric Zemmour en rase campagne uniquement parce que le RN est plus haut dans les sondages ! Non… c’est au nom de l’union ! L’union qui est le paravent de leur opportunisme. On ne court pas chez le vainqueur, on court à l’union nationale, cela fait plus digne ! Plus sérieusement : bien entendu, et vous l’avez compris, ils parlent d’une union qui n’existe pas puisqu’ils reprochent eux-mêmes au RN de l’avoir refusée, dans leur communiqué de presse de la veille. Mais ils ont compris qu’ils se trouvaient désormais dans une impasse : ils ont trahi Reconquête et le RN ne veut pas d’eux. Ils doivent tenter de créer leur micro-parti. Ils doivent patienter avec ce satellite du RN, prouver leur loyauté, au purgatoire, pour qu’un jour Marine Le Pen les reprenne, une fois qu’elle les aura pardonnés… Alors, à cette heure, il faut faire croire qu’ils demandent à Reconquête de se sacrifier pour l’union, et pas seulement pour le véritable projet : ouvrir un espace pour leur nouvelle boutique marioniste.

Nous sommes le mercredi de cette folle semaine. Il est 19h. Guillaume Peltier, Laurence Trochu et Marion Maréchal, blêmes, posent devant les caméras. Nicolas Bay a réussi l’exploit d’arriver en retard à son putsch. La veille, quand il comprend que Marion a échoué et qu’il n’obtiendra rien au RN, il envoie un SMS suppliant à Éric Zemmour pour se rabibocher. Le lendemain, il signe le communiqué de presse de Marion. Marion dégaine sa dernière arme : elle attaque Éric Zemmour bille-en-tête. Il aurait commis « une triple faute » en investissant des candidats Reconquête (lui qui avait annoncé à Marion comme à tous les candidats de Reconquête qu’ils devraient se retirer en cas d’accord). Et soudain : elle appelle à voter RN dès le premier tour ! C’est une capitulation. Sans concession. Elle vient de briser tout espoir d’union de la droite. Pourquoi s’allier avec quelqu’un qui vient de disparaître ? Pourquoi s’unir à quelqu’un qui capitule ? Elle vient aussi de déboussoler gravement l’électorat de Reconquête. Depuis cet instant, l’ARCOM décide de comptabiliser Marion Maréchal dans le temps de parole du RN. Tout un symbole ! On apprendra dans la même journée grâce au JDD que Marion est parvenue à caser quatre de ses proches au RN : c’est le cadeau empoisonné que lui fait Marine Le Pen. Elle accepte d’offrir quelques prébendes à quelques copains « marionistes », mais uniquement sous l’étiquette RN ! Avec un retour au bercail, qui se veut humiliant pour eux (qui ont pour la plupart quitté le RN et rejoint Zemmour à l’époque de la hausse dans les sondages), mais surtout humiliant pour Marion… Qui n’aura donc pas réussi à unir les droites, mais tout fait pour caser ses copains, dans le plus grand mépris des cadres de Reconquête qui s’étaient battus sur le terrain.

À peine trois jours séparent cette sinistre conférence de presse de l’élection européenne du 9 juin, où 1,3 million d’électeurs de Reconquête ont élu Marion Maréchal et ses compères au Parlement européen. A ce moment, la spécificité de Reconquête valait le coup d’être défendue, aux yeux de Marion. Mais trois jours plus tard, une fois qu’elle est élue pour cinq ans, Reconquête ne mérite plus d’exister ! Elle utilise soudain le même vocabulaire que celui de Jordan Bardella contre elle pendant la campagne des Européennes. Il parlait de « candidature de division » en parlant de Marion : c’est grâce à cette candidature qu’elle a obtenu un mandat. Aujourd’hui c’est elle qui parle de « candidatures de division » en parlant des candidats de Reconquête. Bref, Marion et ses proches reprennent sans hésitation aucune le vocabulaire du RN contre Reconquête, celui contre lequel elle se défendait la veille encore, quand elle avait quelque chose à y gagner.

Pourtant, elle sait – et Peltier sait lui qui prétend connaitre la carte électorale – que les candidats de Reconquête ne vont aucunement empêcher le RN ni d’arriver en tête, ni de gagner (et la suite le prouvera implacablement !). Elle sait aussi qu’Éric Zemmour est prêt à sacrifier des circonscriptions, du financement, la perspective d’un haut score national pour l’union (et la suite le prouvera, quand Éric Zemmour décidera de n’investir que 330 candidats pour ne faire peser aucun risque d’empêcher la droite d’obtenir des députés).

Mais ces informations irréfutables que Marion connait ne l’empêchent pas d’avoir la prétention d’expliquer à nos candidats, dont monsieur Patrick Jardin, qui a perdu sa fille au Bataclan et qui a souhaité être candidat de Reconquête, ou à madame Evelyne Reybert, qui a perdu son fils assassiné par un réfugié soudanais et qui s’est présentée dans la Drôme pour défendre ses idées, qu’ils n’ont pas le droit de porter les couleurs de Reconquête. Que s’ils ne se sentent représentés nulle part ailleurs dans l’échiquier politique, alors ils feraient mieux de rester chez eux pendant cette campagne !

Car c’est exactement ce que Marion, Guillaume Peltier, Nicolas Bay, Philippe Schleiter, Philippe Vardon et même Damien Rieu, essayent de faire pendant des jours et des jours : appeler nos candidats un par un, dont ces deux parents éplorés, pour les pousser à ne pas y aller. L’objectif de façade : toujours l’union des droites, bien entendu. L’objectif réel : dissuader les candidats pour empêcher Reconquête de poursuivre l’aventure, de porter ses idées. Pour pouvoir lancer sa boutique sur ses cendres, vous l’avez compris. Imaginez : Marion en personne qui appelle nos cadres toute la journée, qui prend plus de temps que jamais pour discuter avec des gens qu’elle a toujours ignorés voire méprisés, pour les pousser à trahir Éric Zemmour, pour les supplier de faire des communiqués de presse contre Reconquête. Tout ça au lieu de travailler pour la France ! Sans grand succès d’ailleurs vu la toute petite dizaine de militants qui a cru en ses paroles. Imaginez Philippe Schleiter, appelant l’une de nos cadres parisiennes, pour lui demander d’abandonner Zemmour contre 46 une investiture du RN. Imaginez Damien Rieu, qui ose harceler madame Evelyne Reybert pour lui intimer l’ordre de ne pas candidater aux couleurs de Reconquête ! Imaginez Marion qui appelle en personne dans ce but, alors que quelques semaines avant, elle lui demandait de figurer « comme un symbole » sur sa liste aux Européennes. Imaginez Marion qui parachute son proche Thibaut Monnier, recasé au RN, précisément dans la circonscription de madame Reybert ! C’est à pleurer…

Ce soir-là, après cette conférence de presse devant l’Assemblée, Marion et ses comparses co-signent un communiqué de presse incendiaire contre Éric Zemmour. Ils s’auto-excluent de Reconquête. Éric Zemmour, atteint par cette trahison, actera la rupture sur BFM TV le soir-même.

 

juin 2024 sur BFM TV

Le public restera marqué par son émotion et sa sincérité, lui qui n’a pas l’habitude de montrer ses sentiments. « Ce soir, je suis blessé. Marion m’a trahi, alors que je lui avais fait confiance. C’est dur. C’est dur humainement. Mais il faudra se relever. ». Marion ne lui enverra pas un seul message, pas une seule excuse, pas une seule explication. Guillaume Peltier et Nicolas Bay non plus.

En cette fin de juin 2024, les Français s’en rendent compte. L’image de Marion en prend un sacré coup. Elle perd un tiers de popularité auprès des électeurs d’Éric Zemmour 2022. Les chaînes ne l’invitent plus aux heures de grande écoute. Elle tente par tous les moyens d’exister : elle appelle elle- même les présentateurs TV pour qu’ils l’invitent dans leurs émissions. Sans grand succès. Elle met sa tête sur les affiches de quelques candidats qui ne comprennent pas les tenants et aboutissants de cette affaire. Ses équipes font miroiter sa « popularité » en promettant aux candidats que la présence de Marion peut les aider dans leur campagne. Elle s’échine à faire un tour de France de quelques candidats, pour faire croire que la victoire du RN sera aussi un peu la sienne, ce qui exaspère la direction du RN au plus haut point. Au RN, on commence à se souvenir des méthodes marionistes dont on avait réussi à se débarrasser sept ans plus tôt… D’ailleurs Jordan Bardella autant que Marine Le Pen et Éric Ciotti prennent grand soin de ne jamais prononcer le nom de « Marion Maréchal », dans leurs discours sur l’alliance. Mais Marion n’a pas le choix : elle doit faire croire que l’union des droites existe un peu et qu’elle y participe un peu (alors qu’elle reprochait elle-même au RN de l’avoir refusée), sinon plus personne ne comprendrait pourquoi elle a trahi Zemmour…

Bien entendu, comme vous l’avez sans doute déjà deviné, Marion va désormais tenter de créer son micro-parti, sa « France fière », préparée de longue date dans le dos d’Éric Zemmour ; il n’y a vraiment pas de quoi être fière… Peut-être cherchera-t-elle un autre nom, en catastrophe, pour ne pas avoir à reconnaitre à quel point tout cela était prémédité. Bien entendu, ce lancement de micro-parti agacera le RN, Jordan Bardella, Éric Ciotti, car Marion est ainsi. Elle tentera de s’emparer de leurs succès, d’exister par tous les moyens, de faire adhérer à sa chapelle les nouveaux parlementaires qui doivent pourtant leur élection au RN. C’est désormais à eux de gérer le cas Marion, décidément très compliqué ! Bien entendu, maintenant que Jordan Bardella n’est pas parvenu à devenir Premier ministre, elle lui trouvera des défauts, elle attaquera le RN, et vous comprendrez petit à petit que sa ligne d’opposition à Éric Zemmour sur le fait « de ne pas critiquer le RN », était uniquement dictée par son opportunisme, aucunement par sa morale. Bien entendu, elle va continuer en vain d’essayer de séduire les cadres de Reconquête. Bien entendu, elle va vous montrer son plus beau sourire, vous dire que l’avenir est plus beau chez elle, qu’avec elle, les postes et prébendes pleuvront, grâce à la manne du RN.

Mais la vérité est que Marion est Marion. Ce qu’elle a fait chez nous, elle le reproduira ailleurs. Elle sème le désordre parce que la confusion est en elle. La confiance qu’elle a reçue chez Reconquête n’a pas suffi à la rassurer. Rien n’y suffira probablement jamais. Marion Maréchal aura donc trahi sa tante au nom de l’union des droites, puis trahi Zemmour au nom de l’union des droites. Demain, elle tentera de faire vivoter une énième chapelle de la droite, en plus de LR, en plus du RN, en plus de Reconquête, en plus de LR-Ciotti, encore au nom de l’union des droites. Elle divisera plus que jamais la droite au nom de l’union des droites. Il fallait l’inventer ! Elle a trahi son clan, sa tante, elle a trahi Éric Zemmour, elle a trahi Reconquête, et surtout elle a trahi tous ceux d’entre vous qui lui faisaient confiance. Il ne lui reste plus qu’à se trahir elle-même. Son nouveau jouet n’y changera rien : elle continuera, toute sa carrière durant, et, comme elle a toujours fait, elle gâchera nos idées, qui sont pourtant belles. Elle a, croyez-le ou non, toute notre compassion.

Une poignée d’entre vous ont peut-être été trompés ou tentés de la suivre pour un temps dans ses labyrinthes. La porte de Reconquête vous sera toujours ouverte. En aucune manière nous ne deviendrons un groupe fermé, et jamais nous n’accepterons l’amertume, ni le ressentiment, ni les règlements de comptes permanents qui font honte à notre combat. C’est même tout le contraire ! Nous le demandons à tous nos militants : ne confondons pas les manipulateurs avec les manipulés. Ce n’est pas parce que l’on est trompé par Marion et ses affidés que l’on est un traître. Faisons passer l’intérêt de la France et la supériorité des convictions avant toute autre considération, contrairement à ceux qui ont fait passer leur carrière avant leurs idées.

Marion aura donc échoué à s’intégrer dans un collectif plus grand qu’elle, à se mettre au service de la famille politique de Reconquête qui lui ouvrait grand les bras. Elle aura échoué dans sa volonté de faire un meilleur score qu’Éric Zemmour. Elle aura échoué dans sa volonté de prendre le pouvoir chez Reconquête. Elle aura échoué dans sa volonté de réaliser l’union des droites en négociant seule avec le RN. Et, pire que tout, en trahissant nos électeurs juste après avoir été élue, en recasant ses proches au RN, elle a échoué à incarner tout ce qu’elle prétendait être depuis toujours : franche, droite, intègre.

Et c’est ainsi que l’histoire de Marion chez Reconquête se termine.