Notre vaillant (?) petit – tout petit – chef de guerre veut nous inoculer la peur au ventre et nous préparer à lutter contre une invasion venue de l’est. Et pour cela il nous mitonne sa petite liste de survie. Comme si l’État macronopolisant n’était pas capable de nous assurer la sécurité grâce à son verbe magique et ses hautes qualités diplomatiques et géopolitiques !
Oui, je sais, j’exagère un peu. Mais j’ai le droit, puisque je fais partie de ces millions de cochons de payants qui vont débourser quelques millions pour le petit bout de papelard en question, alors que quelques images sur un site ad hoc auraient suffi. D’ailleurs, ces images, on les a déjà vues. Elles circulent, et je me suis « tapé » le pensum de les regarder. Ce n’est finalement qu’un memento à usage de boy-scout, disons de randonneur précautionneux. Encore que les six bouteilles d’eau… ça pèse lourd pour crapahuter sur le sol français. On doit bien trouver une petite rivière de temps à autre.
Je reviens à mon titre et à la guerre en dentelle. L’expression n’a rien de péjoratif. Elle vient d’un temps où la diplomatie oscillait entre les parties fines – honni soit qui mal y pense – et les parties de boules… de canon. Ainsi s’est amusée l’Europe pendant quelques siècles.
Mais la guerre en pansements, c’est mieux. Ça sent son spécialiste, son administrateur distingué, son intendance qui suivra. Et pas un seul bouton de guêtre n’y manquera. Expression à prendre au figuré, bien entendu. Encore que…
Allons, je me perds, je reviens à nos pansements si habilement présentés. Quelque chose m’ennuie. Ce quelque chose, c’est l’arrêté publié au Journal officiel du 19 mars 2025 acte qui entre en vigueur le 1er avril. Et ce n’est pas une blague. C’est du sérieux, du pur jus de proutcionnaire. Je vous en livre la teneur :
« Des obligations pour les prescripteurs…
La prescription de tout type d’article pour pansements devra à compter de cette date expressément comporter les éléments suivants :
– catégorie de pansements ou compresses ;
– quantité de produits nécessaires ;
– taille ;
– le cas échéant, dénomination commerciale précise et complète, caractère absorbant et/ou adhésif du pansement ;
– fréquence recommandée de renouvellement.
“La prescription en vue d’une prise en charge doit être fondée sur une évaluation clinique de la plaie réalisée par un professionnel de santé habilité selon le code de la santé publique, en mesure d’accompagner le patient et d’assurer le suivi de l’évolution de la plaie”, précise le texte.
… et pour les pharmaciens
Lors de la première présentation de l’ordonnance initiale, le pharmacien est autorisé à délivrer la quantité nécessaire pour 7 jours de traitement seulement. L’ordonnance peut ensuite être renouvelée “à l’issue de la période de traitement couverte par le premier conditionnement » à la demande express du patient, en fonction de ses besoins et dans la limite de la durée des soins mentionnée sur la prescription.” »
Remercions Le Moniteur des pharmacies pour ces précisions qui tombent à pic… pour aider le grand Macronien à se rendre compte que l’intendance, parfois, met des bâtons dans les roues, même dans celles de sa croisade vers l’est. Relisez ce texte « ponctionnarisé » à merveille et imaginez la littérature bureaucratique qu’il pourrait engendrer en temps troublés.
J’imagine que M. Poutine doit s’en tenir les côtes de rire, et nous, Français, devrions en pleurer.
Ah, la guerre en pansements… et le petit manuel du tout petit Emmanuel.
Antoine Solmer
Délivrance des pansements : de nouvelles règles en avril 2025
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