
UN ARTICLE BIENVENU
Ce matin, sur Boulevard Voltaire, je découvre un excellent article et son auteur (Jérôme Serri) qui me semble avoir un parcours intéressant. Je parle d’un parcours intellectuel menant à son article intitulé : « Lettre à nos militaires sur l’honneur des gouvernants et des politiques. »
La preuve ! En voici un extrait :
« Que signifie, en effet, l’honneur pour un candidat à la présidence de la République qui prétend qu’il n’y a pas de culture française ? Que signifie l’honneur pour un candidat qui, depuis le sol algérien, accuse la France de crimes contre l’humanité ? Que signifie l’honneur pour un président de la République qui, en Martinique, se laisse enlacer par un jeune homme torse nu tandis qu’un autre, sur la photo, fait un doigt d’honneur qui fera le tour du monde ? »[1]
La suite est enrichissante, sauf pour le dénommé Macron qui s’y retrouve « à poil ». Enfin, si c’est son bonheur… sans honneur… Nul n’aurait rien trouvé à redire s’il avait occupé une fonction stérile dans un désert quelconque, s’il avait joué au dévot ermite au Kamtchatka, si on l’avait récupéré d’une lointaine lune de Jupiter. Le hic, est qu’il est bizarrement devenu président de la République française, qui, quoi qu’on en pense, mérite mieux. Certains diraient « n’importe qui fera l’affaire. » Ce serait méchant. Serait-ce juste ? Il ne faut pas l’espérer. Car alors, tout crabe de dernière catégorie sorti du panier le remplacerait.
Il faut trouver mieux, bien mieux, incomparablement mieux, un autre ring d’où sortira la personne « gonflée » – ne parlons pas d’hormones – qui aura de difficiles, très difficiles décisions à prendre, avec honneur et avec force. Car la force sans honneur tourne vite à l’aigre, et l’honneur sans la force crée la seule estime, qui n’a jamais suffi à sauver une nation.
Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Le France, chanté par Sardou, devra affronter la fameuse « vague scélérate ». Nous connaîtrons bientôt son destin : libre et fier, ou irrémédiablement coulé. L’océan du temps est jonché de telles épaves. Ninive, Babylone, l’empire Inca, l’empire d’Alexandre, l’empire romain, l’URSS, etc. Une de plus, une de moins… La vie prendra d’autres modes, d’autres couleurs, et ce sera tout.
DES ÉTOILES FILANTES
Mon article précédent n’était pas destiné à commémorer le « putsch des généraux » d’avril 1961, mais à dépasser la question de la guerre d’Algérie, pour la retrouver dans notre actualité. Et si j’avais choisi le témoignage du général Cazenave de 1963, c’était pour réactiver la question, sans laquelle on ne comprend rien à notre histoire contemporaine.
L’honneur le plus pur, je le dis sans aucune restriction, était dans le camp des soldats qui sont restés fidèles à leur serment, celui-là même qui leur avait été dicté par le président d’alors, sachant qu’il allait imposer la pire des solutions… quoi qu’il en coûte. D’autres avaient choisi un ersatz d’honneur, disons, tarifé. Il y eut des yeux dessillés, comme ceux du général Cazenave, dont je n’envie pas le tourment de sa fin de vie. Il y eut les aveugles volontaires, dont je n’envie l’avancement ni de leurs carrières, ni de leur dégradation morale.
Décidément, les coïncidences et les similitudes… Alors, les hommes d’honneur ont payé de leurs vies, de leur liberté, de leurs situations, le terrible choix de l’honneur. Alors, la trahison organisée a fait son œuvre, ses victimes, humaines de tous bords, et, couronnant le tout, la fracture de cette République que l’on affirmait « une et indivisible ».
ET ÇA RECOMMENCE !
J’ai bien insisté, et je crois avoir été le seul, sur le risque que prenaient consciemment ces militaires de tout grade. S’ils l’ont fait, c’est pour sauver la France et leur honneur.
Que Macron et sa clique se rassurent. Ils ne seront pas la majorité. Ce sera comme avant.
Mais que Macron et sa clique, laquelle dépasse largement les rangs des prétendus « marcheurs », brisent toutes les glaces où pourraient se refléter leurs moustaches ou maquillages, s’il leur reste un atome de conscience. Nous pouvons en douter.
Nous les voyons déjà à la curée. Chacun y va de son minable vocabulaire d’agit-prop : infâme, factieux, pantouflards, en charentaises, etc. Alors, nous n’avons aucune raison de croire en une dignité de vocabulaire retenu.
Cette lâcheté crache sur ceux qui défendent les restes de la Nation. Sur ceux qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour assurer ce qui reste de pouvoir régalien, de sécurité pour tous. Ils avancent à visage découvert vers les sanctions prévisibles, alors que se poursuit la parade des cloportes qui n’auraient aucune honte – soyons-en surs – à s’accrocher à leurs basques, au cas où leurs petites personnes seraient égratignées.
Il ne leur restera plus alors qu’à s’agiter et à crier…
Mieux vaut relire Saint-Éxupéry, surtout Citadelle :
« Et ils criaient dans leur droit à la pourriture. Car, fondés par la pourriture, ils étaient pour la pourriture. “Et si tu laisses se multiplier les cafards, me dit mon père, alors naissent les droits des cafards. Lesquels sont évidents. Et il naîtra des chantres pour te les célébrer. Et ils te chanteront combien grand est le pathétique des cafards menacés de disparition.” »
[1] https://www.bvoltaire.fr/lettre-a-nos-militaires-sur-lhonneur-des-gouvernants-et-des-politiques/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=lettre-a-nos-militaires-sur-lhonneur-des-gouvernants-et-des-politiques&mc_cid=9f689c6e1b&mc_eid=82726536ed

