
EXTRAIT NUMÉRO 3
L’extrait du jour est le troisième de la série. Il n’est pas très long. Il nous est imposé par le hasard, cette bizarre intervention qui porte d’autre noms, dont celui si mal employé par Jacques Monod : nécessité, pour tenter d’en gommer un troisième qui devait lui écorcher les oreilles.
OBSERVER UNE RÈGLE
Comment donc échapper à l’influence délétère du monde actuel ? En observant une règle analogue à celle que s’imposaient les philosophes stoïciens, ou les premiers chrétiens. Se grouper avec ceux qui ont le même idéal que soi, et se soumettre à une stricte discipline. Par exemple, renoncer à écouter les mensonges de la radio, ne parcourir dans les journaux que les nouvelles qu’il est utile de savoir, lire seulement les articles et les livres des auteurs connus pour leur honnêteté et leur compétence, s’instruire des techniques modernes de la propagande afin de pouvoir s’en défendre; enfin, être résolument non conformiste.
Il est impossible d’accepter les modes de vie et de pensée, qui se sont propagés des villes jusque dans les plus lointaines campagnes, sans être annihilé spirituellement.
Afin de nous engager dans la voie montante, nous devons d’abord abandonner les coutumes et les vices qui paralysent l’essor de l’esprit. Ces obstacles une fois écartés, que faire ?
Il s’agit alors de commencer l’ascension ordonnée par les tendances fondamentales de la vie. L’être humain a l’étrange privilège de façonner, s’il le veut, son corps et son âme, à l’aide de son âme elle-même. Cette formation de l’esprit demande une technique appropriée. On peut apprendre à se conduire comme on apprend à conduire un avion. Seulement, l’apprentissage, ceux-là seuls qui possèdent déjà la maitrise d’eux-mêmes peuvent l’entreprendre avec profit.
MES RÉFLEXIONS
Je puis vous assurer, comme je l’ai précisé plus haut, que Claude et moi — Lexis Carrel encore moins — n’avons pas conspiré pour vous offrir dans la livraison du même jour, le conseil de « renoncer à écouter les mensonges de la radio, ne parcourir dans les journaux que les nouvelles qu’il est utile de savoir, lire seulement les articles et les livres des auteurs connus pour leur honnêteté et leur compétence, s’instruire des techniques modernes de la propagande afin de pouvoir s’en défendre; enfin, être résolument non conformiste ».
Mais les faits sont là, têtus, comme le disait avec raison le camarade Vladimir (je parle d’Ilich Oulianov, plus connu comme Lénine). Oui, la radio et les journaux de 1944 ont ceci de commun avec les Gafam d’aujourd’hui, qu’ils régentaient déjà le monde (avec et sans majuscule). Rien de nouveau sous les soleils d’Hiroshima et de Nagasaki, de Dresde et d’autres petites villes de Normandie.
Mais rien n’est perdu. D’abord parce qu’il sera peut-être possible de réactualiser le vieux slogan de nos petits amis du vieux PC : US GO HOME, en NATO GO HOME.
Mieux ! Comme le conseillait Alexis Carrel, jouons gagnants : les vices à la poubelle, la vie par la cervelle. J’admets qu’il utilisait une formule plus élevée que la mienne. Façonnons nos corps et nos âmes avec nos âmes elles-mêmes. Un degré plus élevé que le vieux mens sana in corpore sano de nos ancêtres romains. Un étage de plus que « le hasard et la nécessité ». Et si le corps ne nous limite plus, que l’âme prend le dessus, l’espoir passe de 7 à 77 ans, et au-delà.
Poursuivons !
Antoine Solmer


hasard ou nécessité ? sans doute ni l’un ni l’autre, mais assurément propos redoutablement d’actualité en ces temps désolants où l’information n’est plus que propagande, au débat, pourtant fondateur de la démocratie, invariablement préférées les arrogantes postures manichéennes. Décidément, le pensée est bel et bien défaite, et avec elle notre liberté. Sauf, comme le dit si bien Alexis Carrel, à ne pas craindre l’opprobre général qui sanctionne celui qui refuse le conformisme!
Ni le craindre, ni cesser de nous positionner fermement pour nos libertés. Quant au conformisme — lâchons-nous un brin — il n’est pas si proche du confort, que de la déformation des con-formés.
A. S.
Ah, bravo Monsieur Solmer (et conséquemment monsieur Henrion),
Votre sujet de ce jour rejoint tout à fait des préoccupations qui m’étranglent un peu par ces temps bousculés et désagréablement cafouilleux. Cafouilleux quant à leur discours de vérité, de tapage, et d’accaparement de nos quantum de conscience si l’on peut dire.
Cela fait trop !
J’adhère donc (à vos suggestions du jour).
J’ai moi-même, non professionnel de la pensée politique (et de l’information), été pris dans un tourbillon d’incompétence à l’écoute, par exemple, des propos de Poutine – Lui-même, d’ailleurs, pas très clair finalement, mais lourdement emberlificoté, à ce qu’il semble, dans la contradiction de ses projets par rapport à la réalité.
J’ai donc certainement écrit des sottises.
La solution semble bien être dans cette troisième voie que vous indiquez.
J’adhère donc, avec reconnaissance et soulagement, à votre diagnostic, et vos propositions actives.
Il paraît spirituellement nécessaire – sous peine de destruction spirituelle justement – de prendre les choses au sérieux avec une autre raison. Un autre corps. Une autre âme.
Ma femme, depuis longtemps, m’offre un tremplin formidable de sagesse pour tout cela 🥴 😉
Cher Noël,
Puis-je vous « gronder » ? (mot trop fort mais amusant et amical). J’aimerais magnifiquement que bien des journalistes, hommes politiques, oligarques français (prétendues élites) et autres (président machin) disent et écrivent autant de sottises que vous. Cela en ferait bien moins et pèserait moins lourd dans le déclin de la France. En plus, cela leur apprendrait l’honnêteté qui oblige à une certaine humilité, et à plus d’humanité (au sens de morale).
Donc, continuez à écrire, y compris des « sottises » (si tant est qu’elles puissent être considérées comme telles). D’ailleurs qui n’en accumule pas à son compteur sottisier ? Et puis… sont-ce vraiment des sottises ?
Poursuivons notre combat !
A. S.