« Derrière les émeutes françaises sont tapies des années de colère envers la conduite de la police. »
Tel est le titre d’un article du Wall Street Journal du 3 juillet 2023 . Ce journal est plutôt classé comme conservateur équilibré. Quel est l’intérêt de se référer au Wall Street Journal ? Ce n’est pas d’apprendre le nom de famille du fameux Nahel, qui se serait bien passé de cette funèbre publicité. Je n’en parlerai pas. Je laisse le soin aux hackers de gauche et autres de divulguer les noms de personnes, policiers ou autres plutôt classés à droite par ces juges de la bonne moralité politique.
L’article de Matthew Dalton commence par le témoignage d’un nommé Mourad T. (Ici aussi je laisse de côté le nom de famille). Il y a deux ans, le fils de Mourad est arrêté dans la nuit par trois policiers alors qu’il est en voiture et revient de son travail. Les policiers l’accusent d’une quelconque violation du code de la route mais la vidéo embarquée du jeune garçon permet de montrer qu’il n’en est rien. Elle est aux mains de la justice dans l’affaire qui est actuellement pendante.
Commentaire du journaliste : Les jeunes gens d’origine africaine et arabe en France se plaignent de maltraitances persistantes de la police allant du profilage racial au harcèlement, et même d’agressions et usage d’armes dans les banlieues où beaucoup de ces gens des minorités françaises vivent. L’enregistrement répandu des relations perturbées entre la police et ces jeunes gens a nourri la colère publique. Une vidéo d’un policier tirant sur Nahel à un arrêt de la circulation a servi à enflammer une vague d’émeutes qui a saisi la France depuis mardi.
« Depuis que nous sommes petits c’est la même chose pour chacun de nous. Quand nous sommes stoppés par la police nous avons ce sentiment de peur un nœud à l’estomac » dit le fils de Mourad dont j’ai parlé plus haut. Il continue : « Vient un moment ou nous devons exprimer notre colère. »
La suite de l’article précise ce que nous savons tous au sujet de ce qui s’est passé par la suite, y compris les déclarations du président et du ministre de l’Intérieur. Plus intéressant, le fait que l’article mentionne les déclarations de syndicats de police, deux des plus importants dit-il, qui s’opposent à une guerre, décrivant les émeutiers comme « de la vermine ». » Face à ces hordes sauvages, demander le calme n’est pas assez, il doit être imposé » disent les syndicalistes.
En début de semaine les émeutiers ont mis le feu à un centre pour les jeunes ou Nahel allait après l’école pour des activités tandis que sa mère, qui l’élève seule, travaillait. La directrice du centre précise que les employés raccompagnaient Nahel chez lui et l’aidaient pour ses devoirs à la maison. Elle ajoute : « les gens du centre sont très tristes pour Nahel parce que c’était un gentil garçon. La relation avec la police n’est pas saine. »
Sur un panneau au mémorial de circonstance où le l’adolescent a été tué on peut lire : « Combien de Nahel n’ont pas été filmés ? » Comme il n’y a pas d’évidence indiscutable sur la vidéo les allégations de conduite délictueuse contre l’officier sont difficiles disent les avocats et les experts.
S’ensuit une autre histoire racontée par un jeune homme prénommé Iliès selon qui, tranquillement assis sur un banc le 14 juillet, il fut frappé par un policier qui poursuivait d’autres jeunes gens qui avaient lancé des feux d’artifice sur eux. L’affaire étant devant la justice, le jeune homme raconte que les policiers responsables sont venus le retrouver dans un parking et l’ont menacé de façon à ce qu’il dise qu’il ne connaissait pas celui qui l’avait frappé ce fameux 14 juillet.
Le journaliste note que l’agence France-Presse a été la première à reporter le décès de Nahel. Des officiels anonymes de la police ont d’abord déclaré que le conducteur avait essayé de renverser le policier. Ensuite une vidéo est apparue montrant que les policiers étaient à côté de la voiture. On peut entendre la voix de quelqu’un disant : « Tu vas prendre une balle dans la tête. » Les avocats de Nahel ont affirmé que la voix était celle d’un policier.
L’article se termine en montrant Mourad et son fils devant les restes brûlés du centre pour les jeunes où était Nahel quand il venait après l’école : « Des idiots ont fait cela. Ce n’est pas justifié » dit le père. Mais il ajoute : « La situation devient incontrôlable. »
Quel est l’intérêt de cet article qui reprend des faits que nous connaissons tous, sauf les histoires qui ont été mises en perspective concernant d’autres personnages et le nom de famille du jeune Nahel. C’est tout simplement l’alignement neutre des faits. Pas d’adjectifs jouant le rôle de lavage de cerveau (controversé, extrême, etc.), nulle invective, nul jugement a priori, nulle allusion de gauche quelles que soient les opinions du journaliste et de son aide qui est cité en fin d’article.
Certes, on peut regretter que les causes profondes de ces émeutes soient faiblement évoquées. Mais, j’imagine que d’autres articles reviendront sur le sujet. Enfin, espérons-le !
Quoi qu’il en soit, cela nous change d’une certaine presse française dont nous savons qu’elle est à 80% au moins fabriquée par des journalistes de gauche avec des préjugés qui sont dommageables pour l’ensemble du pays.
Antoine Solmer

