Suite de l’article précédent concernant la déclaration de Marion Maréchal à Causeur 1 : « Il est donc légitime d’apporter une aide financière, une aide humanitaire et une aide logistique pour la reconstruction, afin d’aider les Ukrainiens à résister au mieux. »
MES COMMENTAIRES
Il est donc légitime…
Je reprends la formule de Gide sur la célèbre phrase de Descartes (Je pense donc je suis) : « C’est à ce donc que j’achoppe ». Au passage, je pense que nous devrions tous achopper sur la quasi-devise cartésienne. Mais pour revenir à Marion, comment le « légitime » – qui engagerait un état et une loi — peut-il s’imposer ? Et quelle loi, sous quelle forme, avec quelles limites, et autres articles accompagnateurs, l’ensemble étant constitutionnellement validé ? Ce n’est pas le cas. Il s’agit donc d’un légitime atténué qui n’engage qu’elle. Une sorte d’opinion dont nous avons vu récemment les limites (article précédent).
Aurait-t-elle utilisé un conditionnel, que nous aurions changé notre fusil d’épaule… sans passer l’arme à gauche, espérons-le. Mais puisqu’il nous faut persister, allons-y ! Marion aurait pu choisir un adjectif plus et mieux adapté. Par exemple : judicieux, possible, raisonnable, discutable, etc. Elle aurait pu « y aller » d’un couplet terrible et réel sur la guerre que les USA font « par Ukrainiens interposés, et jusqu’au dernier ». Elle aurait même pu entrer dans le registre de la realpolitik avec ses arrière-pensées : intéressant, rentable, profitable et autres idées tendant à assurer du pouvoir et de l’argent à notre pays. Tant qu’on y est, je ne pense pas que le « fric de dingue » envoyé par tant de dingues ne le soient que par pure bonté d’âme. Il y a des pensées qui ne résistent pas à l’épreuve des faits.
Il est donc légitime d’apporter une aide financière…
Alors, justement, parlons « fric ». N’y a-t-il pas quelques 3300 milliards d’euros2 en cavale qui vont nous coûter la peau des fesses ? 3300 milliards qu’il faudra trouver d’une façon ou d’une autre. 3300 milliards qui traduisent au su et au vu du reste du monde l’état catastrophique de la RMBF (République Macronienne et Bananière Française). Marion voudrait-elle en rajouter pour l’Ukraine ? Souhaiterait-elle que l’actuel sigle RMBF devienne République Marionnettiste et Bananière Française ?
La BCE paiera, me répondront certains.
Première question du problème : la BCE pourra-t-elle et voudra-t-elle payer ?
Deuxième question : Que faut-il penser du circuit économique actuel tel que décrit par Charles Gave ?3 Certes M. Draghi, à la tête de la BCE avait pu « violer tous les traités et autoriser la BCE à acheter massivement la dette émise par les gouvernements, ce qui était formellement interdit par les susdits traités. » De plus il avait porté « les taux d’intérêts à zéro, voire négatifs ». Par voie de conséquence évidente, la BCE a fait tourner la planche à billets. Avec un taux d’intérêt nul, les « banques commerciales qui ont des frais fixes aux environs de 2 % de leurs dépôts ne peuvent pas ne pas faire faillite, car prêter à 0 % quand vos coûts sont à 2 % n’est pas une solution durable. Donc, M. Draghi « fait subventionner les pertes des banques par le budget des états, dont les déficits explosent. »
Charles Gave conclut : « nous sommes dans un cas très évident de passage de patates chaudes. Quand la perte apparaît dans les comptes de l’Italie ou de la France, on la passe aussi vite que possible à la BCE, qui la refile aux banques qui la refile en fin de parcours aux états européens. Retour à la case départ certes, mais alourdi de dizaines de milliards de dettes qui n’ont servi à RIEN. »
Alors, Je pense que Marion Maréchal, par ses mots et sa pensée sentimentale a oublié quelques détails, sordides peut-être, mais indispensables si on ne veut pas se retrouver avec une inflation copiée sur celle de l’Allemagne dans les années 1920. à moins qu’elle ne compte sur cette prise de position pour attirer des électeurs ukrainophiles au-delà de toute raison. J’ose ne pas le croire, mais…
une aide humanitaire et une aide logistique pour la reconstruction…
Le gros problème, au-delà des mots, c’est l’oubli du réel. Ici j’en vois au moins trois approches.
D’abord, c’est la France qui a besoin d’une refonte humanitaire, logistique pour sa reconstruction, et cela de façon plus qu’urgente. Au choix : retour at home de certains « invités incrustés », logistique intellectuelle et pratique à décontaminer tout azimut (on a le choix entre wokisme, en-même-tempisme », gauchisme destructeur, etc.), le tout sans oublier la reconstruction du tissu social en plein délitement.
Cette manie d’aide lointaine en oubliant ses propres concitoyens qui en ont aussi besoin me semble onirique. Elle achète de la bonne conscience à coût zéro, et charge sa propre barque jusqu’à la faire chavirer. Cela a fait partie des stratégies de la Gauche depuis des années. On ne balaye pas devant sa porte, mais on veut lancer la croisade du bien à l’extérieur. Prenez aux riches pour donner aux pauvres. On connaît les résultats.
Et puis, elle néglige le soleil du plein jour : en imaginant ce beau tableau réalisable, il ne prendrait effet qu’une fois la paix signée. La charrue avant les bœufs…
Une aide… afin d’aider les Ukrainiens à résister au mieux.
Résister ! À quoi ? À qui ? Quand ? Jusqu’à quand ? Jusqu’à quoi ? Voilà qui contredit sérieusement la fameuse aide grandiose. Après les livraisons d’armes, ou pendant ? Dans ce cas cela s’apparenterait à une aide de guerre envers un des belligérants. Que pensera l’autre ? Quelles conclusions et quelles actions à plus ou moins long terme ? En temps de paix ou en temps de guerre ?
Vouloir irriter la Russie à tout prix n’est pas sérieux. Ni sérieux, ni stratégique.
Décidément, je pense de plus en plus que Marion Maréchal se fourre dans une guêpier alors que la prudence et la meilleure stratégie pour les trois pays (France-Ukraine-Russie) aurait été de faire pression pour pousser à une paix, bien armée, c’est-à-dire de contrats commerciaux et de bonne entente plutôt que de canons à longue portée… à condition qu’on en possède assez.
Enfin, l’Union Pseudo-Européenne
Avec un tel programme, Marion Maréchal a dû faire plaisir autant à Macron qu’à Mme fond du der de la hyène. Une avancée vers le parlement ? Triste…
Antoine Solmer
(à suivre)
2 Estimation de Charles Gave.
3https://institutdeslibertes.org/vous-dites-la-meme-chose-depuis-vingt-ans/

