Les vœux sont traditionnels. D’une occasion à l’autre, ils prennent des sens différents, ils témoignent d’un engagement profond ou d’un simple exercice obligé. Commençons par les plus pénibles : ceux qu’il faudra « se tartiner » de l’Élysée. Bien ! Tant qu’il ne vient pas les présenter à domicile pour tenter une autre séance de frotti-frotta, chacun restera à sa place, et tant mieux ! Ajoutons la cascade politico-désincarnée qui tentera d’éviter de prononcer le mot Noël et le remplacera par « fin d’année », « vacances d’hiver », etc. Il y a même les spécialistes de l’étouffoir tel(s) que ce(s) maire(s) qui oublie(nt) allègrement cette dernière semaine de 2022 en présentant leur bilan et leur programme pour 2023 (bourré jusqu’à la gueule de bonnes intentions) et qui, pour éviter de s’étrangler, présentent des « vœux sincères pour 2023 ». Plus « falso » que ça, tu meurs !
Alors, je resterai aussi fidèle que possible à cette tradition de vœux de Noël souhaitant que chacun retrouve en lui le sens profond de ce jour saint pour les Chrétiens. Il s’agit de comprendre le double sens du mot vœu : une promesse d’engagement et un souhait. Vers qui et quoi va cet engagement, et pour qui et pour quoi sont ces souhaits est du domaine de chacun. Mais qui ampute cette fête de son premier sens, continue à avancer dans la vie à cloche-pied ou par des détours mensongers, l’un n’empêchant pas l’autre.
Noël est donc une fête chrétienne. Oui, fondamentale et si peu compréhensible dans son essence qu’elle participe du mystère de l’Incarnation. Mystère, le mot est dit. Si nous en explorons le sens profond, nous sommes ramenés aux religions, polythéistes ou non.
Littré, qui n’avait rien d’un « cul-béni » commence ainsi :
- Terme d’antiquité. Culte secret dans le polythéisme, auquel on n’était admis qu’après des initiations successives.
- Dans la religion chrétienne, tout ce qui est proposé pour être l’objet de la foi des fidèles, et qui paraît contredire la raison humaine ou être au-dessus de cette raison. Le mystère de l’incarnation.
Ensuite il décline les différents sens profanes, pour revenir à la huitième acception :
- Nom, au moyen âge, de certaines pièces de théâtre où l’on représentait quelqu’un des mystères de la religion. Le mystère de la passion de Notre-Seigneur. Les mystères en langue vulgaire ont commencé dès le XIIe siècle.
Alors, dans cette ambiance, comprenez que je rejette les discours ringards de ces politiciens affairistes, ainsi que leur accompagnement journalistique stupides comme la fameuse « trêve des confiseurs ».
J’ai bien dit « jour saint pour les chrétiens ». C’est une évidence. Est-ce à dire que je n’adresserai pas mes vœux de participation profonde à mes amis juifs ou musulmans, passés, présents ou à venir ? Aucunement.
Pour les juifs, pères historiques de la religion chrétienne autant que du concept de Dieu unique, comment pourraient-ils en être étrangers ? Disjoints, bien sûr ; éloignés, oui ; complètement, non. D’ailleurs il existe des « Juifs pour Jésus », et je vous engage à les écouter sur Internet[1]. Jésus, qui était un nom très courant – signifiant Sauveur – avant même la naissance de celui dont nous fêtons la naissance, nous ramène à l’esprit messianique, celui de la grande attente, de la plus splendide apparition. Est-il force d’espoir plus intense au monde, que l’on soit juif ou chrétien ? N’est-il pas étonnant que ce temps (celui de la naissance du Christ) soit si proche de la fête d’Hanoucca, dite aussi « des Lumières » avec son chandelier à neuf branches. Et cela reprend un autre mystère, celui de cette huile miraculeuse qui brûla huit jours, pour la réinauguration de l’autel des offrandes dans le Second Temple de Jérusalem, lors de son retour au culte judaïque, après trois ans d’interruption et de fermeture par le roi séleucide Antiochos IV au IIe siècle av. J.-C.
Deux siècles de privation d’un temple si important. Sa réouverture n’est-elle pas un symbole de renaissance ? De nouvel espoir. Et tout cela tenant en l’esprit de neuf petites bougies ?
Alors, oui, j’adresse mes meilleurs vœux de Noël aux juifs, connus ou inconnus, et que chacun s’y retrouve en communauté d’espoir, au moins pour ce jour.
J’évoque aussi les musulmans. Cela étonnera bien du monde. Et pourtant, Jésus existe dans le Coran sous différents noms (ʿĪsā, Yasū’a, Yasou ou Yazu). Différentes interprétations s’interpénètrent. Pour être simple, j’invite à lire l’intervention de Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux[2]. Il explique que : « Le messie attendu par les juifs est effectivement Jésus, reconnu par le Coran comme le fils de Marie mais uniquement le fils. A ce titre, il est considéré comme un être humain. Prophète ordonné, missionné, il s’inscrit dans la lignée des prophètes de l’ancien testament, dans la continuité de la loi de Moïse. »
Sans aller plus loin, voilà de quoi amplement souhaiter une très riche fête de Noël aux musulmans qui lisent le Coran, et en tirent la substantifique moelle.
Quant à ceux qui ne souhaitent lire aucun des livres de ces trois religions, je leur souhaite de garder l’esprit de renouveau et aussi d’espoir. Cela serait presque simple, sans l’esprit de devoir. Car, comment oublier que cette sanctification par un enfant, la plus faible créature au monde, ne soit pas un exemple de cette protection obligatoire que nous devons aux enfants.
Et surtout en cette période où les forces destructives de la Gauche s’acharnent à les démembrer, tant physiquement, avant leur naissance, que psychologiquement dans le plus intime de leur personnalité, par l’immonde propagande woke : la lumière noire des pires ténèbres.
Je préfère me rappeler que dans les plus grands conflits mondiaux des siècles passés, en ce jour de Noël, des soldats de toutes les nations, de toutes les religions, ont pu s’entendre tacitement pour « oublier » leurs armes et même échanger des souhaits profonds.
À tous les représentants de ces hommes de bonne volonté, j’adresse mes vœux de sainte fête de Noël, et que chacun en prenne ce qui lui convient.
Pour les autres, les invités qui forcent nos portes et nos esprits, les lanceurs de procès qui s’indignent à la seule idée d’une crèche, les pires commis-voyageurs frelatés spécialisés en leur haineux bric-à-brac, puisqu’ils se réfugient dans les pires zones de l’humanité je vous laisse imaginer mes souhaits…
Antoine Solmer
[1] https://www.youtube.com/channel/UC5vZhywU809-x1rvW20XdNQ
[2] https://bordeaux.catholique.fr/agir-et-echanger/dialogue-inter-religieux/jesus-pour-les-musulmans


